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De Treville : Rashit Shaykhutdinov a-t-il eu raison d'y croire ?


L'histoire regorge de nombreux désastres et de plus rares embellies avec des propriétaires-éleveurs ayant soutenu corps et âme (plus finances...) leur propre étalon. Il semble que De Treville fasse partie de la 2e catégorie, pour le plus grand bonheur de Rashit Shaykhutdinov, qui le soutient depuis le départ et obtient une nouvelle récompense avec Gain It, un 2 ans invaincu très impressionnant.

Les exemples des victimes de leurs sentiments sont si nombreux qu'il serait fastidieux et surtout cruel de se lancer dans une liste exhaustive. Citons l'infortuné Olivier Lecerf, vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe avec Subotica, et qui a dépensé des fortunes ensuite en achetant des juments spécialement pour lui afin d'élever hors sol, pendant de longues années, d'interminables séries de "chiens boucs", comme dirait quelqu'un de la Nièvre qui se reconnaîtra. On se souvient plus facilement des réussites, parce qu'on a la mémoire sélective et que les exemples sont beaucoup moins nombreux. En France, citons Jean-Luc Lagardère avec Linamix et Guy Pariente avec Kendargent, qui ont porté à bout de bras leurs futurs vedettes auxquels personne ne croyait au début. Gérard Augustin-Normand peut être ajouté à cette liste avec Le Havre, mort en début d'année.

Lui aussi stationné à Montfort & Préaux devenu Sumbe, De Treville est en passe de devenir pour Rashit Shaykhutdinov ce que Kendargent a été pour Guy Pariente. Pas gagnant de black-type (4 fois placé de groupe de 1400 à 1800 m chez André Fabre à 2 et 3 ans), De Treville est entré étalon dans un certain anonymat en 2018. Il a débuté au Thenney, qui a changé de propriétaire l'année suivante, puis est arrivé au Mézeray, où Rashit Shaykhutdinov stationnait ses juments, mais qui a mis un terme à son activité peu après... Shaykhutdinov est resté sur place après l'achat du site par Nurlan Bizakov et l'étalon a de facto été transféré dans la cour de Montfort & Préaux, également acquis par l'investisseur du Kazakhstan qui a tout regroupé sous l'entité Sumbe.

Rashit Shaykhutdinov avait acquis De Treville pour la somme de 825.000 Gns yearling à Tattersalls. Il faut dire qu'il s'agissait alors du 1er produit, par Oasis Dream, de la championne Dar Re Mi. La fille de Darara (Prix Vermeille, Gr.1), nièce de Darshaan, et elle-même triple gagnante de Gr.1, allait faire aussi bien au haras que sur les pistes, avec ses produits suivants So Mi Dar, Lah Ti Dar et plus encore Too Darn Hot.

Le propriétaire éleveur a soutenu massivement son étalon, dont il a 12 produits en 1ère saison en 2019, et 19 produits en 2e saison en 2020, soit à peu près la moitié de la production totale ! Pour parachever son effort, il a placé ses pensionnaires à Chantilly chez Fabrice Chappet et Georgios Alimpinisis.

Risqué, cet investissement a toutefois été récompensé très vite avec Diadema qui a ouvert le palmarès de son père dès le mois de juin de ses 2 ans 2021. Elle a même doublé la mise à Lyon et est devenue black-type en étant 2e des Jouvenceaux et Jouvencelles (L) à Vichy. Ensuite, il y a eu des vainqueurs intéressants avec Miss Treville, De Troisville et Grégarina, 2e du Prix Volterra (L) en juin à Longchamp. Frère cadet de cette dernière, Gain It semble en mesure de monter un nouveau cap.

Facile vainqueur en débutant le 24 juin à Saint-Cloud, le fils de De Treville, racheté 28.000 € à Deauville, a laissé ses rivaux sur place pour sa 2e sortie le 16 juillet dans le Prix Amber Rama, une Classe 2, sous la selle de Sylvain Ruis. Il y laisse à 7 longueurs Ser Sed, un pensionnaire de Joël Boisnard qui comptait déjà 2 succès au Lion d'Angers. Autant dire que De Treville est sans doute en train de sortir un excellent 2 ans en mesure de décrocher une victoire de black-type. Même avec le soutien d'un propriétaire fortuné, ce serait une performance tout à fait remarquable pour un étalon qui fait la monte à 2 500 €, l'étalon sans doute le moins cher au prix catalogue de tous les grands haras normands.

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